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11 janvier 2021

Entre Blue Sea et la baie James

L’artiste Yuri Rousseau toujours ancré dans sa région natale

Yuri Rousseau est né dans la Vallée-de-la-Gatineau. Les études et la vie en générale l’ont conduit à des déménagements fréquents. Pourtant, l’été ou lorsqu’il revient dans la région, l’artiste qui habite maintenant Chisasibi à la baie James, se sent chez lui dans son atelier de Blue Sea.

Hélène Desgranges , Journaliste

Yuri Rousseau revient autant qu’il le peut dans la Vallée-de-la-Gatineau afin de créer. Le jardin de sculptures devant le presbytère de Blue Sea, c’est son bébé. Après avoir délaissé cet art moins « transportable », Yuri, artiste de la gravure, revient tranquillement à la grande sculpture. Il a des messages à passer.
Yuri Rousseau revient autant qu’il le peut dans la Vallée-de-la-Gatineau afin de créer. Le jardin de sculptures devant le presbytère de Blue Sea, c’est son bébé. Après avoir délaissé cet art moins « transportable », Yuri, artiste de la gravure, revient tranquillement à la grande sculpture. Il a des messages à passer.
© Photo gracieuseté – Jean-Philippe Brochu

L’enfant dégouté par l’art a changé son fusil d’épaule suite à des études universitaires où la philosophie lui a fait réaliser que les artistes sont les mieux placés pour changer le monde.

Fils de l’artiste et enseignante d’art plastique Sylvie Grégoire, Yuri affectionne surtout les sculptures de grandes tailles. Mais, lors d’une formation alors qu’il habitait à Trois-Rivières, il a fait le choix d’expérimenter quelque chose de plus facile à transporter: la gravure. Cela lui a permis de créer, peu importe l’endroit où il se trouvait.

De Blue Sea à Chisasibi

C’est le travail de sa conjointe sage-femme qui a conduit Yuri à Chisasibi, à la baie James. Ceci, après des séjours à Sherbrooke, Gatineau, Trois-Rivières et Montréal. Là-bas, plus au nord, dû aux horaires atypiques de sa conjointe, il est devenu papa à la maison. En contrepartie, ce même travail de sage-femme permet à toute la petite famille de revenir plus souvent dans la Vallée car les horaires sont particuliers et permettent des semaines d’arrêt intéressantes. C’était avant la pandémie, bien entendu, souligne l’artiste.

À Chisasibi, Yuri Rousseau dit qu’il se sent un peu comme à Blue Sea. Ici comme là-bas, il y a près de son domicile un endroit où il peut récupérer des matériaux délaissés pour les utiliser. Yuri a puisé une part de son inspiration artistique en rencontrant, il y a quelques années, le congolais Freddy Bienvenu Tsimba venu séjourner dans sa famille lors d’une résidence d’art au Québec. Yuri est incapable de créer à partir de matières nouvelles, c’est devenu son étique de travail.

Ses gravures sont réalisées à partir de plaques recyclées sur des chantiers de construction. En réutilisant tout ce qui nous entoure, croit-il, nous rendons hommage à ces articles et permettons qu’ils soient redécouverts.

L’art est un langage qui permet un impact dans la société et plus précisément dans sa communauté. -Yuri Rousseau 

L’artiste réalise donc ses gravures ou dessins de façon à ce qu’ils passent des messages permettant aux gens de raisonner. Le jardin de sculptures du Presbytère de Blue Sea, c’est son bébé. Par ce projet, il souhaite que les touristes réalisent que la Vallée-de-la-Gatineau est beaucoup plus que de grandes montagnes et de beaux paysages.

Partage avec la jeunesse

Actuellement, Yuri Rousseau désire se perfectionner afin d’être capable de partager l’art avec les jeunes. Il voit les écoles comme des lieux féconds et idéaux pour la transformation sociale. Il aimerait donc obtenir une homologation lui permettant de joindre le bottin des artistes pour travailler davantage avec les jeunes.

L’artiste sent que sa phase nomade arrive à sa fin. Il renoue avec la sculpture et continue de fabriquer du papier dans l’atelier de Blue Sea lorsqu’il y revient. Il espère aussi une aide financière pour un projet de grande sculpture, un projet de la Vallée, mentionne-t-il.

 

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Hélène Desgranges , Journaliste

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