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21 octobre 2020

Montcerf-Lytton

Le quasi centenaire pont couvert de l’Aigle perdra-t-il de sa valeur?

Certains tracés évalués afin que la route Maniwaki-Témiscamingue ne passe plus dans le village de Montcerf-Lytton convergent vers l’alternative d’utiliser la route de l’Aigle pour éviter les problématiques engendrées par le passage des transporteurs routiers sur la rue principale. On parle de déménager le pont de l'Aigle dans un parc. L’idée déplait au plus haut point à la Société d’histoire de l’Outaouais (SHO) qui l’a fait savoir par écrit aux élus de la Vallée-de-la-Gatineau.

Hélène Desgranges , Journaliste

Le pont de l’Aigle se situe sur l’un des tracés évalués de la route Maniwaki-Témiscamingue. Il est question de déplacer le pont, de le conserver et de le mettre en valeur.
Le pont de l’Aigle se situe sur l’un des tracés évalués de la route Maniwaki-Témiscamingue. Il est question de déplacer le pont, de le conserver et de le mettre en valeur.
© (Photo L’info de la Vallée – Hélène Desgranges)

Le pont de l’Aigle aura 100 ans en 2025. Il fait partie des huit ponts couverts sur 100 qui restent debout en Outaouais et des 90 sur 1 000 encore en place au Québec. La Vallée-la-Gatineau peut se vanter de posséder, sur son territoire, quatre des huit ponts couverts restants en Outaouais, selon Michel Prévost de la SHO.

Pour Michel Prévost, un pont couvert, c’est culturel, patrimonial et touristique. Ça n’a pas la même valeur si on le déplace de son paysage d’origine.

La MRC de la Vallée-de-la-Gatineau a toujours été vague lorsqu’il s’agit de parler du pont de l’Aigle. Questionnée sur le sujet il y a quelques mois, la préfète Chantal Lamarche a souligné que le déplacement possible du pont vers un parc de la région était surtout relié au fait que les dernières crues des eaux printanières ont failli l’emporter. Il n’avait alors pas été question d’un besoin de le bouger en raison d’un nouveau tracé de route.

La MRC explique qu’à l’heure actuelle, plusieurs scénarios sont toujours à l’étude et aucune décision n’a été prise à cet effet. Il n’y a aucune confirmation à savoir si oui ou non l’option de déplacer le pont de l’Aigle est toujours un scénario envisagé.

La SHO déçue et surprise

La SHO n’intervient pas dans des dossiers de sauvegarde, sauf si elle en reçoit la demande du milieu. Ce fut le cas pour le pont couvert de Montcerf-Lytton. À la suite de la lettre envoyée à la MRC, la SHO croyait que les acteurs du milieu avaient reculé et avaient décidé de ne pas déplacer le pont de l’Aigle.

Alain Fortin, maire de Montcerf-Lytton a confirmé que le scénario de déplacer le pont, bien que peu idéal, n’est toujours par écarté, car l’option d’utiliser cette route pour le tracé de la route Maniwaki-Témiscamingue est encore sur la table. Il assure cependant que le pont de l’Aigle, qui appartient au ministère des Transports (MTQ) sera conservé et mis en valeur, où qu’il soit.

Alain Fortin explique aussi que le conseil des maires a évalué la possibilité de construire un nouveau pont au côté du pont couvert.

La SHO entend bien réagir, advenant que la MRC décide de déplacer le pont. Elle a des alliés et est prête à demander leur appui pour sauver le pont de l’Aigle et le garder dans son milieu. Que décidera la MRC? La SHO espère qu’ils choisiront d’investir leur argent pour relever le pont et le protéger des crues compte tenu des coûts qui seront de toute façon engendrés pour le déplacer dans un parc de la région.

Sauvegarder un pont couvert

Comme ils sont rares et ont presque tous disparu, les ponts couverts du Québec, qui étaient à l’époque construits pour être utiles, sont devenus, avec le temps un gage de beauté patrimoniale et donc, des attraits touristiques à ne pas négliger.

Il est indéniable que le pont couvert de Grand-Remous, pour sa part, est un incontournable pour les résidents et touristes si on en croit tous ceux qui s’y rendent pour prendre des photos ou le traverser. Alain Fortin croit que cet achalandage de visiteurs vient aussi du fait des chutes qui s’y situent.

Michel Prévost explique que plusieurs ponts couverts ont été sauvés au Québec dans les dernières années et qu’à sa connaissance, un seul aurait été déplacé dans un parc. Il souhaite que le Québec ne suive pas l’exemple de l’Ontario qui ne compterait maintenant qu’un seul pont couvert sur tout son territoire. Même menacés par les crues, il a vu des exemples de municipalités qui ont restauré et relevé leurs ponts pour les garder en place, dans leur paysage naturel.

Low a vu brûler son pont couvert et le MTQ, bien qu’il ait prévu le tablier du pont de remplacement assez large pour y accueillir un toit, ne fera pas ces travaux. Les coûts de reconstruction d’un pont couvert ne sont pas négligeables, mais ne sont pas non plus irréalistes, si l’on regarde du côté de Gatineau où des bénévoles et partenaires ont permis la construction de ponts couverts sur la Rivière Blanche dans un projet mené par la Corporation d’aménagement de la Rivière Blanche (CARB).

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Hélène Desgranges , Journaliste

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