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30 juin 2020

Dans l’ombre des pompiers

Des bénévoles « nourrissent » ceux qui combattent les incendies

On en entend peu parler, pourtant, ils font une grande différence. Partout dans la Vallée-de-la-Gatineau, lors d’incendies majeurs, des bénévoles rallient leurs forces pour rendre la tâche moins pénible aux pompiers d’ici. Lumière et chaleur enfin apportée à ces gens de cœur qui « ne le font pas pour qu’on parle d’eux ».

Hélène Desgranges , Journaliste

Au lieu de s’inquiéter lors de gros incendies, des bénévoles préparent de quoi ravitailler les troupes.
Au lieu de s’inquiéter lors de gros incendies, des bénévoles préparent de quoi ravitailler les troupes.
© (Photo gracieuseté – Sébastien Lalonde)

C’est lors du conseil municipal de la municipalité de Low, le 1er juin dernier, que furent remerciés les bénévoles qui travaillent dans l’ombre lors d’incendies majeurs. L’info en a retracé dans la Vallée-de-la-Gatineau qui ont accepté de parler de leur implication.

Henri Chamberlain fait partie de ceux-là. Ex-directeur d’un service d’incendie, l’homme ne peut s’empêcher d’accourir dès qu’il le peut pour soutenir ceux qui bravent les brasiers. Sa santé ne lui permet plus autant d’implication, mais il demeure un fidèle qui, avec 45 ans passés « dans les incendies », ne peut demeurer sans rien faire lorsque quelque chose survient. Il lui arrive de payer de sa poche certaines choses comme du café pour les pompiers. Depuis plusieurs années, sa femme est impliquée également. Mais, comme le souligne avec un sourire en coin l’ex-directeur, « elle ne veut pas son nom nulle part, elle veut juste faire cela pour aider ».

Les conjointes concernées

Amanda Brunet est femme de pompier depuis 2005. Lorsqu’elle l’a vu quitté la maison pour se diriger vers un gros incendie pour la première fois, elle ne savait pas comment canaliser son stress et ses craintes.  Instinctivement, elle s’est mise à cuisiner des biscuits, puis a pensé à aller en porter aux hommes et femmes pris dans l’action. Depuis, c’est un instinct qu’elle a gardé. Il lui est même arrivé d’embarquer ses deux enfants dans la voiture pour aller livrer de la pizza aux équipes. Autant les policiers que les pompiers peuvent profiter de sa générosité et traverser les épreuves le ventre plein grâce à ses beignes, ses muffins ou ses cafés. 

Mais Amanda ne prend pas tout le mérite et surtout, elle ne fait pas cela pour dire : « Regarde, j’ai fait ceci! ». Avec le temps, les pompiers et leurs conjointes deviennent comme une grande famille bien soudée. Une chaine de téléphone se met donc en branle rapidement lors de gros incendies.

« J’appelle la femme de l’un, la sœur de l’autre et on fait des sandwichs » - Amanda Brunet

Pas toujours le temps de souper

Comme l’explique Amanda Brunet, les pompiers volontaires ont tous une autre occupation. Lorsqu’un appel leur est logé, ils sont parfois au travail, dans les champs, ce n’est pas le temps de se faire un lunch. Alors, les bénévoles se mettent en action et, de façon sécuritaire, leur apportent de quoi se nourrir ou s’abreuver.

Henri Chamberlain a vu défiler plusieurs réalités dans le milieu des incendies. Les camions sont maintenant mieux équipés et compte tenu des équipements plus modernes, certains incendies prennent moins de temps à être contrôlés. Le rôle des bénévoles, cependant, demeure important.

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Hélène Desgranges , Journaliste

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