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17 décembre 2020

Mort d’un homme au Festival Valhalla Sound Circus à Kazabazua

Le délai avant d’appeler le 911 fait sourciller la coroner

Le rapport de la coroner Me Francine Danais, chargée d’enquêter sur la mort d’un jeune homme qui participait au Festival Valhalla Sound Circus le 20 juillet 2019 à Kazabazua, révèle qu’une meilleure organisation des secours aurait peut-être pu conduire à une issue moins tragique. Elle émet deux recommandations. 

Simon Dominé , Journaliste

Une combinaison de facteurs a mené un jeune festivalier à la mort en juillet 2019 à Kazabazua. La présence d’une ambulance directement sur les lieux aurait-elle pu faire une différence?
Une combinaison de facteurs a mené un jeune festivalier à la mort en juillet 2019 à Kazabazua. La présence d’une ambulance directement sur les lieux aurait-elle pu faire une différence?
© (Photo Pixabay)

Ce jour-là, le festival de musique électronique Valhalla Sound Circus, organisé sur trois jours, bat son plein. La température pendant la journée oscille entre 26 et 30 degrés Celsius. Vers 17h30, un jeune homme de 19 ans de Longueuil, arrivé sur les lieux le 18 juillet, s’affaisse sur une roche dans les environs de la scène Thunderground.

Le témoignage de ses amis à la Sûreté du Québec (SQ), l’autopsie du Centre hospitalier universitaire et les analyses toxicologiques du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale à Montréal, révéleront qu’une combinaison de facteurs a sans doute entraîné la mort du jeune homme.

Drogue, boisson, soleil

Dans la nuit du 19 juillet, après avoir consommé du « speed » et du « MDMA » achetés sur les lieux, ainsi que du cannabis et de la boisson, le jeune homme est pris de vomissements. Malgré le fait que ses amis remarquent au matin qu’il tient des propos incohérents et semble avoir des hallucinations visuelles, il consomme encore des drogues. N’ayant sans doute rien bu ni mangé pendant la journée et ayant pris un coup de soleil, il est finalement transporté à la tente médicale vers 17h45 par les secouristes.

À ce moment, la coroner mentionne que ses lèvres sont bleutées, qu’il a le corps crispé et que les pupilles de ses yeux grands ouverts sont non réactives. On lui donne de l’oxygène. À 18h26, il est pris de convulsions pendant environ deux minutes. À 18h30, les secouristes appellent le 911 et préviennent que le jeune homme présente des difficultés respiratoires.

Vains efforts des ambulanciers

Les ambulanciers – qui n’avaient pas été prévenus de la tenue du festival à l’inverse des services policiers et incendie – arrivent en neuf minutes, un délai jugé « raisonnable » par la coroner puisqu’il s’agit d’un vaste territoire rural.

Mais entretemps, les secouristes ont rappelé le 911. Le jeune homme, qui vient de faire un arrêt cardio-respiratoire (ACR), est étendu au sol, toujours sous oxygène. Des manœuvres de réanimations (RCR) sont entreprises. On lui administre une première dose de naloxone.

Les ambulanciers prennent le relai, mais malgré leurs efforts durant son évacuation et de nouveaux soins prodigués à son arrivée à 19h30 à l’Hôpital Mémorial de Wakefield, le décès est constaté par l’urgentologue à 19h42.

Aurait-il pu s’en sortir?

Même si les substances consommées par le jeune homme ont été détectées « à des concentrations non toxiques » dans son corps, la coroner conclut que leur combinaison associée à « un élément de chaleur et de déshydratation » ont contribué à sa mort.

Elle s’interroge toutefois sur le délai de 45 minutes qui s’est écoulé entre sa découverte par les secouristes et le premier appel logé au 911, mais aussi sur le fait que les organisateurs n’avaient pas directement sur place une ambulance avec une équipe paramédicale.

Ces derniers avaient quand même des agents de sécurité, des secouristes, une tente médicale équipée d’un défibrillateur, des doses de naloxones et de l’équipement pour tester la présence de fentanyl.

« Il est impossible de déterminer si une arrivée plus hâtive à l’hôpital aurait pu lui sauver la vie mais cela aurait probablement augmenté ses chances », argumente Me Danais.  

Recommandations

Déplorant le fait de ne pas avoir été en mesure de parler au responsable du festival pour en discuter, Me Danais termine son rapport en émettant deux recommandations aux organisateurs du Festival Valhalla Sound Circus : avoir une ambulance et une équipe paramédicale sur le site pendant la durée de l’événement et prévoir un endroit à l’abri du soleil pour éviter les malaises liés aux coups de chaleur.

Les questions que L’info a fait parvenir par courriel aux organisateurs du Festival Valhalla Sound Circus sont demeurées sans réponse.

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Simon Dominé , Journaliste

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