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30 décembre 2020

Presbytère de Blue Sea

Sylvie Grégoire doit se détacher du projet initial, mais continue de créer

Depuis octobre 2019, le conseil d’administration de l’Association des amis du Presbytère de Blue Sea (AAPBS) a pris la décision de s’inscrire au Répertoire culture-éducation du gouvernement du Québec. S’inscrit aussi dans les intentions de l’association, la volonté d’être accrédité. Ceci conduira peut-être l’organisme vers un autre modèle. Sylvie Grégoire, artiste impliquée au Presbytère, souhaite que l’esprit d’éducation continue de primer sur l’aspect galerie. Mais, où en est donc, dans sa propre carrière, la créatrice?

Hélène Desgranges , Journaliste

Entre l’artiste Sylvie Grégoire et le Presbytère de Blue Sea, il y a une relation durable dans le temps. Impossible de parler de l’un sans parler de l’autre.
Entre l’artiste Sylvie Grégoire et le Presbytère de Blue Sea, il y a une relation durable dans le temps. Impossible de parler de l’un sans parler de l’autre.
© (Photo L’info de la Vallée – Hélène Desgranges)

Les démarches de l’AAPBS pour s’inscrire au répertoire culture-éducation du gouvernement du Québec sont toujours en cours selon Sylvie Grégoire.

L’info qui s’est déplacée à Blue Sea pour rencontrer la femme derrière l’artiste et ses œuvres a plutôt été mise en relation avec le Presbytère de Blue Sea, porté comme un enfant par sa maman. Difficile de parler d’elle. Sylvie Grégoire croit justement que c’est l’une des tâches les plus difficiles d’un artiste : parler de lui et de ses œuvres. Elle revient sans cesse sur le sujet du Presbytère.

Présente depuis le tout début du projet culturel, Sylvie Grégoire voit l’endroit se transformer. Parmi les projets à venir, il y a l’accréditation de l’endroit. Sylvie dit qu’elle doit se détacher du projet initial qui était d’abord un lieu de rassemblement et de création. Malgré les paroles rassurantes de gens qui travaillent à obtenir une accréditation du projet, elle craint que l’aspect galerie d’art prenne trop de place.

« Ma vision est celle d’un centre culturel en région. La culture, c’est pas juste des arts, c’est le vécu d’un peuple. » - Sylvie Grégoire

C’est pour représenter ce vécu d’un peuple que le Presbytère a juxtaposé aux arts un jardin communautaire et même un volet culinaire. L’artiste comprend très bien qu’en étant accrédité, le Presbytère de Blue Sea pourra se prévaloir de subventions non accessibles en ce moment. Présentement, l’endroit est tenu et opéré par des bénévoles uniquement et, parfois, des employés subventionnés font des passages. Jeunes et moins jeunes y développent des projets et initiatives.

Artiste en temps de pandémie

Les derniers mois ont été essoufflants. Repenser les activités, innover pendant le confinement et demeurer actifs pour la communauté, a demandé aux bénévoles une grande adaptation. Sylvie Grégoire est fatiguée. Ils sont peu nombreux les artistes en région, alors elle a l’impression qu’ils sont très sollicités.

La femme adore s’impliquer, mais elle dit faire partie du monde de l’éparpillement. Certaines tâches aux AAPBS lui pèsent de plus en plus. Pourtant, ses ventes d’œuvres ont augmenté depuis l’arrivée de la Covid-19. Est-ce que la Covid-19 a fait en sorte qu’elle a créé différemment?

« Mes œuvres changent toujours. C’est comme ça, plus tu crées, plus tu changes. » - Sylvie Grégoire

Ses toiles jonchent le sol et sont exposées un peu partout au Presbytère, c’est un peu comme chez elle pourrait-on croire. Celle qui a exposé professionnellement ailleurs au Québec et aux États-Unis aime exposer, mais l’expérience lui demande une grande énergie.

Pendant le confinement, elle croit que la création a permis à plusieurs de se tenir la tête hors de l’eau. Celle qui est tout installée dans son atelier pour créer et fabriquer du papier artisanal pense à laisser le flambeau dans ce domaine à son fils Yuri, lui aussi artiste.

Sylvie Grégoire aime la création collective, les activités de groupe d’artistes et pour l’instant, le Presbytère de Blue Sea lui offre cette opportunité.

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Hélène Desgranges , Journaliste

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