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9 juillet 2020

Formation accélérée de préposés aux bénéficiaires

Une cohorte de 22 étudiants motivés à Maniwaki

Sur 137 inscriptions, 22 étudiants ont été sélectionnés pour suivre la formation accélérée de préposés aux bénéficiaires au Centre de Formation Professionnelle de la Vallée-de-la-Gatineau (CFPVG). Âgés entre 18 ans et la cinquantaine, leurs motivations sont différentes, mais leurs intentions se rejoignent : venir prêter main-forte au réseau de la santé, prendre soin des gens en perte d’autonomie des CHSLD et bénéficier, en région, d’emplois permanents stables avec de bonnes conditions de travail. Le salaire? Est-ce vraiment nécessaire d’en parler?  Non, pas selon eux.

Hélène Desgranges , Journaliste

Les 22 étudiants du programme accéléré de préposés aux bénéficiaires ne savent pas encore s’ils travailleront au CHSLD de Gracefield ou Maniwaki, mais ils ont la certitude de demeurer dans la région suite à leur formation. Ils habitent tous dans la Vallée-de-la-Gatineau.
Les 22 étudiants du programme accéléré de préposés aux bénéficiaires ne savent pas encore s’ils travailleront au CHSLD de Gracefield ou Maniwaki, mais ils ont la certitude de demeurer dans la région suite à leur formation. Ils habitent tous dans la Vallée-de-la-Gatineau.
© (Photo L’info de la Vallée – Hélène Desgranges)

Fanny St-Amour, formatrice du programme accéléré de préposés aux bénéficiaires, enseigne depuis 12 ans. Lorsque le gouvernement a lancé le programme, elle voulait à tout prix enseigner aux étudiants de Maniwaki, même si elle travaille maintenant à Gatineau. 

Passionnée, elle se désole que des questions de salaire soient plus importantes pour certaines personnes de la population que le fait de former des gens compétents, qui arriveront rapidement sur le terrain, prêts et avec une bonne base d’expérience, pour offrir des services à la population. 

Pour elle, là est l’important et elle met du cœur à former ses étudiants qu’elle dit « plus motivés » que tous ceux qu’elle a eus dans le passé. Le taux d’absentéisme est quasi inexistant chez les étudiants de la cohorte de Maniwaki, malgré que certains aient une famille à leur charge.

Trois candidates représentatives

Afin de dresser un portrait des étudiants qui suivent la formation, trois participantes du programme ont accepté de se prêter au jeu des questions et réponses: Stéphanie Lajeunesse, Katrine Étier et Nancy Parker. D’entrée de jeu, elles se surprennent elles-mêmes, ainsi que leur formatrice et leur conseillère en formation du Réseautact, Francyne Major, en se découvrant toutes trois un passé de serveuse en restauration. Toutes trois apprennent aussi qu’elles ont cheminé dans le milieu des pharmacies et sont ou ont été inscrites pour le programme d’infirmière auxiliaire.

Elles venaient d’apprendre la veille que ce programme ne démarrera pas en août, faute d’inscriptions. Alors, après un processus qu’elles ont trouvé laborieux, incluant, entre autres, des tests physiques et de santé puis une entrevue, elles étaient enchantées d’apprendre qu’elles étaient sélectionnées pour la formation de préposés. Nancy espérait tant travailler dans le milieu de la santé que lorsqu’elle a reçu l’appel du CFP, elle a pleuré pendant deux heures.  Elle n’y croyait plus considérant qu’elle a reçu l’appel le dimanche à 16h pour un début de formation le lundi à… 15h30!  Même le CFP a reçu les listes à 13h30 le dimanche afin de joindre tous les participants.

Changement de carrière pour de la sécurité

Ce n’est pas tant le salaire que la sécurité d’emploi que désiraient les trois étudiantes rencontrées. Elles n’avaient pas à se plaindre de leur salaire de serveuse, mais les avantages sociaux et la sécurité d’emploi ont pesé dans la balance lors de leur inscription. Comme la formation est rémunérée, cela leur a aussi permis de conserver une qualité de vie pendant leurs études. Nancy raconte qu’elle avait fait le calcul et prévu gagner 200$ par semaine lors de sa formation d’auxiliaire, elle était prête à gérer cette situation, mais le fait d’avoir une bonne rémunération pendant ses études la réjouit et la rassure.

« On va tous se le dire, il y a peu de bons emplois dans la région. » - Stéphanie Lajeunesse

Les trois femmes et leur formatrice sont formelles, il s’agit là de « l’opportunité d’une vie »!

Réaction anticipée des autres préposés déjà en poste

Bien entendu, les trois candidates sont conscientes que cette chance qu’elles ont pourra créer sur le terrain, dans les CHSLD où elles œuvreront, des envies ou même des jalousies, mais pour l’instant, au contraire, de la part du personnel en santé, elles reçoivent surtout des encouragements, car elles viendront en renfort, bien préparées, pour soulager la charge de travail des travailleurs actuellement en poste.

Fanny St-Amour rappelle que cette formation est un projet pour la population et qu’il n'y aurait jamais eu cette main d’œuvre dans la région sans cette formation.  « Ce n’est pas la faute des étudiants », soutient-elle, en faisant référence aux conditions de la formation, dont la durée est moindre que la formation régulière de préposé.

Quelles sont les différences entre les formations régulières et celle-ci?

Fanny St-Amour explique qu’ils ont dû revoir le programme et le centrer sur le travail en CHSLD.  Considérant que les étudiants ne pourront pas aller travailler dans les centres hospitaliers ni dans les CLSC, toutes les notions de positions post-opération, par exemple, ont été délaissées. L’accent est mis sur la personne en perte d’autonomie. Par exemple, intervenir avec des personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer.

La population s’inquiétait que les centres d’hébergements privés ne trouvent plus de candidats pour travailler dans leurs milieux considérant le salaire qui serait offert aux préposés en CHSLD. Francyne Major souligne qu’aucun étudiant de la cohorte de Maniwaki n’a quitté un milieu privé pour venir suivre la formation. Au contraire, elle souligne que ses anciens étudiants ont fait des choix qui leur convenait et que peu importe qu’ils soient au privé ou au public, ils trouvent leur bonheur dans les milieux qu’ils ont choisi.

La formation accélérée, une formule gagnante?

Selon Fanny St-Amour, ce type de formation centré sur les besoins réels et avec une grande part de travail dans les milieux d’emplois, supervisé par des mentors, devrait être reproduit dans divers programmes. En se basant sur la cohorte des 22 étudiants actuels, la soif d’aventure, la motivation, la sensibilité des candidats face aux besoins des gens en perte d’autonomie, semblent primer et faire en sorte que la formation est prise au sérieux.

Pour les trois étudiantes rencontrées, cette opportunité d’une vie leur a apporté l’obligation de quitter des employeurs de la région qu’elles aimaient bien, mais dans tous les cas, elles ont reçu leurs encouragements.

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Hélène Desgranges , Journaliste

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