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29 juillet 2020

Il ne demandera pas la démission de Justin Trudeau

William Amos solidaire avec son chef

Andrew Scheer, chef démissionnaire du Parti conservateur du Canada, suggère aux députés libéraux de demander la démission du premier ministre Justin Trudeau dans la foulée de l’affaire UNIS (We Charity). William Amos, député de Pontiac, maintient sa position sur le sujet.

Hélène Desgranges , Journaliste

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau. L’opposition conservatrice et bloquiste à Ottawa réclame son départ, de même que celui du ministre des Finances, Bill Morneau. Andrew Sheer demande aux députés libéraux de se positionner.
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau. L’opposition conservatrice et bloquiste à Ottawa réclame son départ, de même que celui du ministre des Finances, Bill Morneau. Andrew Sheer demande aux députés libéraux de se positionner.
© (Photo L’info de la Basse-Lièvre – Yannick Boursier)

M. Scheer estime que ne pas dénoncer la situation revient, pour les députés libéraux, à cautionner l’attitude de leur chef.

« Les députés libéraux ont un choix à faire : sont-ils prêts à sacrifier leur intégrité pour protéger un dirigeant qui fait l'objet d'une enquête ou est-ce qu’ils vont exiger que Trudeau parte? Si les libéraux refusent d’agir, s’ils restent sans rien faire, ils approuvent implicitement cette conduite corrompue, ils sont aussi coupables que Justin Trudeau », a-t-il déclaré le 24 juillet.

Amos maintient sa position

Rencontré suite aux premières publications dans les médias de l’affaire UNIS et de l’implication du premier ministre dans ce dossier, William Amos avait alors mentionné que les excuses de Justin Trudeau étaient appropriées.

Face aux demandes d’Andrew Scheer, il a maintenu sa position.

« Le Premier ministre s'est excusé et il était approprié qu'il le fasse. Il aurait dû se récuser des conversations sur l'UNIS. Pareil pour le ministre Morneau. Maintenant, les Canadiens veulent que nous maintenions notre attention sur la Covid-19 et c'est ce que nous allons faire », a-t-il répété.

Le Bloc montre les muscles

De son côté, le Bloc Québécois dirigé par Yves-François Blanchet, réclame aussi la démission de MM. Trudeau et Morneau. Le 24 juillet, le Bloc a évoqué l’idée de déposer une motion de censure à l’encontre du gouvernement au mois de septembre, si les Québécois sont d’accord.

« Les Québécois peuvent ne pas vouloir une élection à court terme, mais nous comprenons qu’ils veulent encore moins un autre scandale partisan et libéral qui nuit gravement à la lutte à la COVID-19 », a fait valoir le Bloc dans un communiqué de presse.

Le NPD relaie des témoignages accablants

Suite à des témoignages anonymes de députés libéraux frustrés par la situation qui ont été publiés dans La Presse, le NPD s’est engouffré dans la brèche à son tour le 24 juillet.

« Même les députés libéraux sont fatigués de voir leur premier ministre enfreindre les règles pour ses amis riches. C'est un comportement typique du gouvernement libéral. Un ensemble de règles pour eux-mêmes, et un ensemble de règles différent pour tous les autres. Et même les députés libéraux en ont assez », ont commenté les troupes de Jagmeet Singh.

Quel est le scandale?

La colère gronde dans l’opposition à Ottawa depuis que le gouvernement fédéral a voulu octroyer sans appel d’offres la gestion d'un programme pour le bénévolat étudiant de 912 M$ à l’organisme UNIS (We Charity en anglais), fondé en 1995 par les frères Craig et Marc Kielburger, avec, à la clef pour l’organisme, 43,5 M$. Justin Trudeau et le ministre des Finances Bill Morneau, ont pris part à la décision, malgré leurs liens avec UNIS.

L’affaire UNIS en quelques dates

3 juillet: le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique annonce qu’il enquêtera sur le dossier; pendant ce temps, le gouvernement et UNIS annulent leur contrat.

9 juillet: on apprend que Justin Trudeau et ses proches ont des liens avec UNIS. Le premier ministre et sa femme ont participé à plusieurs évènements. La mère et le frère de M. Trudeau ont même été rétribués par l’organisme dans les dernières années. On parle de plus de 300 000$.

10 juillet: c’est au tour du ministre des Finances, Bill Morneau, d’être sous le feu des projecteurs, puisque ses deux filles aussi ont des liens avec UNIS. L’une y est employée, l’autre conférencière.

14 juillet: Justin Trudeau et Bill Morneau s’excusent de ne s’être pas récusés lors de l’attribution du contrat, mais se défendent en disant que la recommandation de choisir UNIS venait de la fonction publique.

22 juillet: Justin Trudeau et sa chef de cabinet, Katie Telford, annoncent qu’ils iront témoigner devant le comité parlementaire des finances. Bill Morneau explique pour sa part avoir remboursé 41 000$ à UNIS pour des voyages que l’organisme lui avait offerts. Il présente une nouvelle fois ses excuses.

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Hélène Desgranges , Journaliste

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