Partager:
12 février 2020

Femmes et filles autochtones disparues ou assassinées

Un panneau électronique pour ne jamais oublier Maisy, Shannon et Sindy

Un panneau électronique bien en vue des automobilistes qui empruntent la route 105 a été inauguré à Kitigan Zibi Anishinabeg le 5 février dernier. Il rappelle à tous que Maisy Odjick, Shannon Alexander et Sindy Ruperthouse manquent toujours à l’appel.

Simon Dominé , Journaliste

:La Grande Cheffe Verna Polson remet une couverture au père de Sindy Ruperthouse, Johnny Wylde
:La Grande Cheffe Verna Polson remet une couverture au père de Sindy Ruperthouse, Johnny Wylde
© (Photo L’info de la Vallée – Simon Dominé)

Ce qu’il faut retenir

Le panneau électronique a été installé devant les bureaux du Conseil Tribal de la Nation Algonquine Anishinabeg, au 81 Kichi Mikan à Kitigan Zibi Anishinabeg. 

Les visages de trois femmes algonquines disparues défilent dessus : ceux de Maisy Odjick et Shanonnon Alexander, de Kitigan Zibi Anishinabeg, disparues le 6 septembre 2008, ainsi que celui de Sindy Ruperthouse, de Pikogan, disparue le 23 avril 2008. 

En présence des familles et d’invités, la Grande Cheffe Verna Polson a inauguré le panneau. Des couvertures ont été remises aux proches des disparues. 

Ce qu’ils ont dit

« Je vais faire de mon mieux pour continuer à supporter les familles et les communautés sur notre territoire (…). Nous devons maintenir le dialogue ouvert avec les familles et les amis qui sont affectés et nous devons nous asseoir parfois pour prendre le temps d’écouter leurs préoccupations. Pour moi, c’est un rôle important que je joue en tant que Grande Cheffe. » – Verna Polson, Grande Cheffe

« Le traumatisme a différentes formes et être seul là-dedans, ce n’est pas bon, car nous avons de la famille et nous devons être là les uns pour les autres. Je veux dire Migwetch à tous ceux qui sont présents ici aujourd’hui. » – Laurie Odjick, mère de Maisy Odjick

« Mon mari aurait aimé être ici mais la Chambre des Communes vote aujourd’hui et je suis honorée d’être ici pour le représenter. (…). Il partage votre passion et votre désir de voir les erreurs du passé être changées, afin que les futures générations puissent fleurir. Migwetch une fois encore pour partager ce moment et félicitations pour ce projet. Puisse-t-il apporter des résultats, puisse-t-il apporter de l’espoir. » – Virginia Flores, conjointe du député de Pontiac, William Amos

« Nous aussi dans nos communautés, on a eu des femmes qui ont été assassinées. (…). Aujourd’hui, j’ai porté ma robe qui a plein de fleurs. Parce que les koukoums chez nous nous parlent souvent des fleurs. (…). Durant toute ta vie jusqu’à ta mort, tu vas tenir une fleur. Parce que tes enfants sont des fleurs, tes petits-enfants sont des fleurs et tes arrière-petits-enfants sont des fleurs. Une autre chose que nos koukoums nous ont légué, c’est le partage de la couverture. Une couverture, ç’a une grande signification pour nous (…), au niveau spirituel, émotionnel et même physique. Parce que les couvertures nous réchauffent. Les couvertures, ce qu’elles représentent, c’est l’amour. Nos aînés nous disent tout le temps : “ quand tu as peur, prend ta couverture ”. Nos grands-mères nous ont légué une couverture pour nous donner tout l’amour, le courage, la force. Quand la faiblesse arrive, la peur, prenez votre couverture. C’est d’une grande importance chez les Anishinabe la couverture. » – Adrianne Jérôme, cheffe de Lac Simon

Faits saillants

Le projet a été initié par Lynn Whiteduck, analyste des politiques pour le Conseil Tribal de la Nation Algonquine Anishinabeg. Les familles ont été impliquées.  

Outre la date de disparition de Maisy, Shannon et Sindy, le panneau installé à Kitigan Zibi Anishinabeg permet d’afficher diverses informations : le numéro de téléphone du service de police responsable de l’enquête, la récompense offerte en échange d’informations, mais aussi les dates des vigiles organisées en l’honneur des disparues.

Un autre panneau a été installé à Pikogan. Une cérémonie similaire à celle qui a été organisée le 5 février est prévue là-bas au mois d’août prochain. D’autres communautés algonquines pourraient s’en inspirer. 

Les couvertures offertes aux familles sont l’œuvre de Mani Papatie Dumont, de Lac-Simon. 

Partager:

Simon Dominé , Journaliste

  • Courriel

À ne pas manquer