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23 octobre 2020

Manque de foin pour les animaux

Après la sécheresse, trop de pluie

La première récolte de foin de 2020 fut une catastrophe. La sécheresse qui a sévi partout au Québec a fait mal aux produits céréaliers et aux fourrages. L’Union des producteurs agricoles (UPA) Outaouais-Laurentides a vite mis en branle l’Opération Sécheresse 2020 afin d’appuyer les agriculteurs. Alors que l’été s’est terminé avec de la pluie un peu partout au Québec, particulièrement en Outaouais et dans certains secteurs des Laurentides, les producteurs d’animaux nourris au foin doivent être créatifs.

Hélène Desgranges , Journaliste

Après la sécheresse qui a sévi un peu partout au Québec en début de saison 2020, voilà que les pluies ont ralenti le ramassage du foin de la troisième récolte de certains. Des producteurs, en envoyant leurs animaux aux champs, ont touché à leur réserve d’hiver. Un printemps productif est donc espéré.
Après la sécheresse qui a sévi un peu partout au Québec en début de saison 2020, voilà que les pluies ont ralenti le ramassage du foin de la troisième récolte de certains. Des producteurs, en envoyant leurs animaux aux champs, ont touché à leur réserve d’hiver. Un printemps productif est donc espéré.
© (Photo L’info de la Lièvre – Simon Dominé)

La productrice Colette Boisvert Canavan s’inquiétait au cours de l’été. Selon elle, seulement un tiers du foin a pu être récolté cette année autour de chez elle, dans la Vallée-de-la-Gatineau. « Les animaux vont avoir faim », a-t-elle confié.

Elle craint que des producteurs doivent se départir de bêtes à faible coût pour éviter de les affamer cet hiver. Cynthia Guindon, coordonnatrice d’Opération Sécheresse 2020 à l’UPA, confirme que certains producteurs ont déjà commencé à se délester de bêtes afin de prévenir le pire. Mais son ton se veut moins alarmiste. Cynthia Guindon a suivi les récoltes de 2020 et elle a vu des cultivateurs se tourner vers d’autres alternatives. Elle est toutefois très consciente que certaines ont des coûts ou ne sont pas à la portée de tous.

C’est justement pour suivre la situation des récoltes de foin, entre autres, que l’Opération Sécheresse 2020 a rapidement été mise en branle à l’UPA. Par divers moyens, les trois coordonnateurs qui s’occupent du programme offrent un lien entre les producteurs qui ont besoin de faire l’achat de foin et ceux qui peuvent en vendre. L’UPA peut aussi guider les producteurs dans le besoin vers des ressources externes qui offrent des programmes financiers.

La petite ferme dans laquelle œuvre Mme Boisvert Cavanan ne cadre pas toujours très bien avec ces aides qui sont apportées aux producteurs. Elle craint que les petites fermes comme la sienne soient appelées à disparaître. Elle va même jusqu’à se questionner sur la possibilité que les résidents du Québec doivent un jour compter uniquement sur d’autres pays pour se nourrir.

À l’UPA, on porte une attention à ces fermes qui sont appelées, affectueusement, les « agri-compliquées ». Ce sont des fermes qui, parfois, ont moins de bêtes ou de superficies et tombent entre les mailles des filets de sécurité apportés par les différents programmes offerts.

Ce n’est pas la première fois que la région manque de foin. Colette Boisvert Canavan aimerait que, comme par le passé, les régions qui en ont le plus en donnent à ceux qui en ont le moins.

Cynthia Guindon ne croit pas que la situation soit similaire à celle de 2012, alors que ce type de don a eu lieu dans certains secteurs critiques au Québec. En fait, cette année, presque tout le Québec est touché par la situation.

Certaines régions sont épargnées comme l’Abitibi. L’achat de foin est donc encore possible. l’Opération Sécheresse 2020 a donc mis en ligne des listes d’acheteurs ayant besoin de foin et de vendeurs qui sont prêts à en mettre sur le marché.

Cynthia Guindon explique que la difficulté réside dans le fait que certains vendeurs doivent prendre des décisions de gestion qui les poussent à hausser le coût du foin. Les tarifs ne sont donc pas abordables pour plusieurs petits producteurs. Le foin en Abitibi semble moins dispendieux, mais les coûts de transports ne sont pas négligeables. L’UPA a donc aussi mis en ligne une liste de transporteurs pour aider les acheteurs dans leurs démarches.

L’inquiétude de voir des animaux sous-alimentés ne taraude pas trop l’esprit de Cynthia Guindon.

« Les producteurs sont des gens qui ont le combat à l’esprit, ils savent prendre de bonnes décisions de gestion et aiment leurs animaux, je n’en ai jamais vu négliger leurs bêtes. » - Cynthia Guindon

Cynthia Guindon est persuadée que de toute façon, d’un point de vue d’affaires, les producteurs auraient trop à perdre à laisser s’amaigrir leurs animaux alors que leur valeur se calcule, entre autres, en poids.

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Hélène Desgranges , Journaliste

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